L’histoire de l’Hôtel de Brienne

En 1724, François Duret, entrepreneur réputé, achète un terrain situé entre la rue Saint-Dominique et la rue de Grenelle, pour le compte de la marquise de Prie, maîtresse du duc de Bourbon. C’est à cet endroit qu’il fait bâtir l’hôtel particulier que nous connaissons aujourd’hui.

L’Hôtel de Brienne prend, lors du séjour de Madame, Mère de l’Empereur, les couleurs de l’Empire qui ne le quitteront plus. En 1817, l’hôtel est racheté par Louis XVIII puis est affecté au ministre de la Guerre.

C’est toujours aujourd’hui le lieu de travail du ministre de la Défense et de son cabinet. Mais par mille détails qui font toute la saveur des lieux, l’Hôtel de Brienne n’oublie rien de son passé, et c’est toujours par la porte des amours, dans le fond du jardin, que les hôtes de marque du ministre s’échappent après leur entrevue.

L’Histoire y a laissé de glorieuses traces.

De 1917 à 1920, c’est d’ici que Georges Clemenceau a conduit la guerre et gouverné la France. Son bureau, dont Jean-Yves Le Drian a souhaité la complète restauration, nous permet de retrouver l’atmosphère de l’Hôtel de Brienne engagé dans la Grande Guerre.

À côté de lui, se trouve le bureau du général de Gaulle. C’est de là qu’il est parti pour Londres, en juin 1940, et c’est là qu’il est revenu le 25 août 1944, le jour même de la Libération de Paris, pour y installer le siège du Gouvernement provisoire de la République française.

Dans ses Mémoires de guerre, il note à propos de son retour à Brienne :

« Immédiatement, je suis saisi par l’impression que rien n’est changé à l’intérieur de ces lieux vénérables. Des événements gigantesques ont bouleversé l’univers. Notre armée fut anéantie. La France a failli sombrer. Mais, au ministère de la Guerre, l’aspect des choses demeure immuable. Dans la cour, un peloton de la garde républicaine rend les honneurs, comme autrefois. Le vestibule, l’escalier, les décors d’armures, sont tout juste tels qu’ils étaient. Voici, en personne, les huissiers qui, naguère, faisaient le service. J’entre dans le « bureau du ministre » que M. Paul Reynaud et moi quittâmes ensemble dans la nuit du 10 juin 1940. Pas un meuble, pas une tapisserie, pas un rideau, n’ont été déplacés. Sur la table, le téléphone est resté à la même place et l’on voit, inscrits sous les boutons d’appel, exactement les mêmes noms. Tout à l’heure, on me dira qu’il en est ainsi des autres immeubles où s’encadrait la République. Rien n’y manque, excepté l’Etat. Il m’appartient de l’y remettre. Aussi m’y suis-je d’abord installé. » 

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